Une Ingénieure ECAM pour réparer les colonnes vertébrales

Ses diplômes d’ingénieur généraliste ECAM Arts et Métiers et d’Ingénierie mécanique de l’Université de Limerick en poche, Clémence Wiart trouve son premier emploi dès la fin de ses études en 2015 : Ingénieur Biomécanique chez Alphatec Spine à San Diego (USA). Au sein de cette entreprise spécialisée dans les implants médicaux pour la colonne vertébrale, Clémence participe au développement et à l’amélioration des produits médicaux au sein du laboratoire de biomécanique.

Quel a été votre parcours ?

J’ai vécu à New York jusqu’à mes 18 ans. Là-bas, j’ai suivi un double cursus dans une école franco-américaine, où j’ai obtenu le baccalauréat (série S) ainsi que les examens américains. Cela m’a donné la possibilité d’étudier aux Etats-Unis, en France ou au Canada.

J’ai choisi d’intégrer l’ECAM Lyon, l’une des rares écoles à offrir un programme 100% généraliste du début jusqu’à la fin. Puisque je ne savais pas vraiment dans quelle direction me lancer et que je souhaitais pouvoir toucher à tout, l’ECAM Lyon était un choix évident ! J’y ai passé 4 belles années riches en découvertes, tout en me rapprochant de ma famille, qui vit dans le Nord.

Afin de pouvoir débuter ma carrière aux Etats-Unis, j’ai souhaité passer ma cinquième année à l’étranger, à l’Université de Limerick, en Irlande. J’ai choisi la filière mécanique, avec des cours additionnels sur la science des matériaux et la mécanique des fluides. A la fin de mon parcours, j’ai donc obtenu le diplôme d’ingénieur ECAM arts et Métiers et le master d’ingénierie mécanique de l’UL.

Grâce au networking, j’ai postulé rapidement à une offre d’emploi à San Diego, chez Alphatec Spine, spécialiste des implants médicaux pour la colonne vertébrale, le monde biomédical m’ayant toujours fascinée. Après 5 entretiens par Skype et téléphone, j’ai été recrutée au poste de Test Engineer au sein du laboratoire biomécanique. En somme, une belle entrée dans le biomédical tout en mettant en pratique mes connaissances purement mécaniques.

En quoi consiste votre travail chez Alphatec Spine ?

Je participe au développement et à l’amélioration des produits médicaux conçus par l’équipe de Recherche et Développement. Mes principales activités sont :

  • L’analyse des problématiques et la réalisation de tests en respect des normes nationales,
  • Le travail collaboratif avec les équipes marketing et R&D pour obtenir l’approbation du FDA et mettre sur le marché les nouveaux designs,
  • La conception, la fabrication, l’assemblage, et les tests de prototypes, avec un reporting détaillant les choix de solutions et les pistes d’amélioration,
  • La recherche de fournisseurs, la réalisation de devis et le suivi de commandes,
  • La formation de nouveaux employés et stagiaires,
  • Et le maintien de l’habilitation ISO/IEC 17025 obtenue en 2016 par des contrôles rigoureux et périodiques.

J’ai aussi le plaisir de collaborer avec des chirurgiens sur des projets de R&D. Quelques mois après mon embauche, j’ai demandé à suivre une formation offerte par notre équipe médicale pour apprendre l’anatomie de la colonne, savoir comment lire une radiographie/myélogramme, et déterminer un diagnostic général d’un problème spinal pour apporter le soin médical approprié avec nos implants.

Le fait de travailler dans une petite entreprise m’offre beaucoup d’opportunités et je continue d’apprendre chaque jour. En ce moment-même, en attendant que notre nouveau projet soit prêt pour la phase d’essai, j’aide au développement et à l’installation du laboratoire de productique !

Quelles sont les qualités nécessaires à un tel poste ?

Je pense que ce poste demande beaucoup de discipline, de curiosité, de connaissances physiques et mécaniques, et surtout de la rigueur. Je suis fière de pouvoir dire que je gère le laboratoire seule, tout en maintenant un niveau de qualité nationalement reconnu. De plus, un bon sens de l’équipe et une ouverture d’esprit sont indispensables pour des nouvelles missions qui peuvent, de temps en temps, être en dehors de mon domaine de compétences.

Un conseil pour nos étudiants ?

Mon seul conseil pour les futurs diplômés est de ne pas reculer devant les obstacles. Si une opportunité se présente à l’étranger, ou loin de vos points de repère, il ne faut pas laisser la peur ou l’appréhension vous arrêter. C’est en voyageant et me confrontant à des difficultés que j’ai appris à me connaître, et c’est en faisant des erreurs que j’ai progressivement su comment m’améliorer. Même en n’étant pas certain de votre vocation, ne restez pas sur place !