Quand la passion pour la Montagne rejoint l’ingénierie

Pour Aymeric Farouil,  ingénieur ECAM Arts et Métiers 2011, la montagne c’est sacré. Ce guide de haute montagne a su trouver un poste qui allie sa passion et son goût pour l’ingénierie : ingénieur d’essai terrain chez Salomon. Son rythme de travail pourrait faire rêver : 3 jours de bureau pour assurer la production, et une fin de semaine dédiée aux phases tests en conditions réelles des chaussures.

Croyez en vos envies, si vous voulez travailler dans un milieu précis, foncez !

Expliquez-nous votre parcours.

Je viens de Chambéry en Savoie, où j’ai passé mon bac scientifique. L’école d’ingénieur me paraissait la suite logique de la filière S, et comme j’avais un très bon ami en dernière année à l’ECAM Lyon, je me suis naturellement dirigé vers cette école. L’enseignement généraliste, l’ambiance conviviale, et la proximité des Alpes m’ont tout de suite attiré.

A l’ECAM Lyon, j’ai d’abord fait un stage d’un mois en tant que mécanicien chez les pompiers. En 3ème année, je suis allé chez SEMI, un bureau d’étude spécialisé en génie civil, puis je suis parti en Australie pendant 5 mois pour mon stage de fin d’études. Là-bas, j’ai travaillé au CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation), qui est l’équivalent du CNRS en France. Affilié au département des athlètes,  je mettais en place des études pour mesurer les performances des kayakistes notamment, mêlant ainsi ingénierie et biomécanique.

En sortant de l’ECAM Lyon en 2011, j’ai débuté chez SEMI, où j’avais effectué un stage, en tant que dessinateur/projeteur pour les structures de génie civil. Passionné de montagne depuis mon enfance, j’ai décidé dans le même temps de passer mon diplôme de guide de haute montagne. Malheureusement je ne l’ai pas obtenu du premier coup, faute de temps pour préparer le concours.

Un an après, je suis devenu conducteur de travaux dans une filiale de Vinci spécialisée en démolition. En accord avec mon employeur, j’ai pu prendre du temps pour préparer le concours de guide, l’obtenir, et même débuter la formation ! J’ai donc quitté Vinci début 2015 pour me consacrer pleinement à la formation, et pendant presque un an j’ai travaillé en tant que Guide de Haute Montagne dans la région de Chamonix.

Mais je n’ai pas voulu partir de l’ingénierie trop longtemps. J’avais l’envie de pouvoir mêler ma passion du sport et le travail d’ingénieur. J’ai alors postulé chez Salomon, qui m’a offert le poste idéal : je suis maintenant ingénieur d’essai terrain pour les chaussures d’alpinisme et d’approche pour Salomon et Arc’teryx!

Quelles sont vos missions en tant qu’ingénieur essai terrain ?

Chez Salomon, je suis en charge de la production et des tests des chaussures de la gamme « Mountaineering ». J’organise les essais des produits en conditions réelles dans la montagne. Je passe 3 jours au bureau chaque semaine, pour faire le point sur les aspects marketing et développement technique avec un ingénieur produit et matière. À partir de nos recherches nous créons un prototype, qui doit être validé sur le terrain, et pour lequel j’organise le test.

Etant Guide de haute montagne, je suis à même d’essayer directement les chaussures. Je pars donc en fin de semaine pour réaliser le test en compagnie d’autres guides spécialisés. En fonction des résultats de ces essais terrain, le produit est validé ou retravaillé pour être amélioré. C’est là où mes deux activités se recoupent vraiment : je suis à la fois développeur et utilisateur des produits Salomon, ce qui me confère une expertise certaine pour le perfectionnement des chaussures d’alpinisme.

Je travaille également avec les athlètes sponsorisés par l’entreprise (Kilian Jornet, Liv Sansoz…) pour développer avec eux des chaussures sur mesure, adaptées à leurs besoins souvent extrêmes. Grâce à ces travaux, nous améliorons en permanence nos produits pour le public, et nous pouvons rester toujours à la pointe en matière d’équipements de montagne.

Quelles sont les qualités/compétences requises pour ce poste ?

Comme je suis amené à travailler avec  des experts de tous horizons, il est primordial de savoir se remettre en question régulièrement, afin de rester ouvert aux propositions des autres professionnels. Il faut également s’adapter aux différents corps de métier, pour comprendre ce qu’ils souhaitent et transmettre l’information. Enfin, Salomon étant une entreprise très ouverte à l’international (beaucoup de travail avec la Chine ou le Canada), maîtriser l’anglais et s’adapter aux autres cultures est indispensable.