Quentin d’Avout, aérodynamicien chez Arrivo

Travailler dans la Formule 1 ou dans les avions ? Quentin d’Avout, ingénieur ECAM 2008, n’a pas eu à choisir. Aérodynamicien chez Arrivo aux Etats-Unis, Quentin travaille sur le design d’un véhicule innovant qui se déplace à une vitesse proche du son : l’Hyperloop, un concept inventé par Elon Musk.

Quel a été votre parcours ?

Fasciné depuis l’enfance par la Formule 1 et les avions, c’est naturellement que j’ai choisi de m’orienter vers des études d’ingénieur menant vers la construction automobile et aéronautique. Après mon bac S à Clermont-Ferrand, j’ai intégré l’ECAM Lyon en 2003.

J’ai réalisé tous mes stages dans le domaine qui me passionne. En 1ère année, j’ai fait une mission d’ingénieur mécanique chez Rix Industries à San Francisco (Etats-Unis) où je travaillais sur le design de systèmes de compresseurs embarqués. Puis mon stage ingénieur de fin d’études s’est déroulé en Italie chez Ferrari, pour participer à l’amélioration aérodynamique d’un bobsleigh en vue des Jeux Olympiques d’Hiver 2010 de Vancouver. C’est là que ma passion pour l’aérodynamique et la mécanique des fluides s’est définitivement confirmée.

Mon diplômé d’ingénieur généraliste ECAM Arts et Métiers et un Mastère en aérodynamique de l’Université de Southampton (Angleterre) en poche, j’ai été embauché par Rix Industries au poste de « Aerospace R&D Project Engineer ». J’y suis resté 4 ans. Fin 2014, ma compagne et moi avons décidé de partir découvrir le Pacifique à la voile, de San Francisco jusqu’en Nouvelle-Zélande. A notre retour en 2016, j’ai souhaité me concentrer sur l’aérodynamique et j’ai travaillé à mon compte pour plusieurs entreprises pendant 18 mois, avant de recevoir une proposition d’embauche de la part d’Arrivo, jeune start-up du transport Hyperloop à Los Angeles.

En quoi consiste votre travail d’aérodynamicien ?

Pour aller d’un point A à un point B, l’hyperloop consiste à déplacer un véhicule à l’intérieur d’un tube surélevé, à une vitesse proche de celle du son. Lancé par Elon Musk en 2013, ce concept a été repris par plusieurs start-up, dont Arrivo à Los Angeles. Cette jeune entreprise souhaite adapter l’hyperloop au transport en réseau urbain, avec des voies plus courtes et la possibilité de faire des arrêts. Appliqué à une métropole telle que Los Angeles, ce système permettrait de gérer les problèmes d’embouteillage.

Chez Arrivo, je travaille sur le design du véhicule. Comme le concept est très récent, nous devons effectuer beaucoup de recherches, principalement dans 4 grands domaines : la lévitation magnétique, le moteur électrique linéaire, la performance du chassis et l’aérodynamique. Je me concentre sur la simulation en CFD (Computational Fluid Dynamics) du design de la carène du véhicule, puis confronte les résultats aux études théoriques. Je suis seul sur ce sujet pour le moment, mais c’est un projet d’équipe, et nous souhaitons créer un prototype significatif avant la fin de l’année, pour lancer une deuxième étape de recherche.

Quelles sont les compétences requises ?

Pour aborder une problématique technique aussi étendue, avoir un esprit de synthèse est primordial. Il faut également être en veille permanente, pour connaître ce qui se fait ailleurs, et surtout rester ouvert à toutes les nouveautés dans le secteur. En effet, sur un concept aussi récent, on avance à pas de géant tous les jours ! Une fois les informations rassemblées, l’organisation de tests doit se faire de manière logique et efficace. Enfin, le travail en start-up exigence une excellente résistance à la pression, temporelle mais aussi financière.

Un mot pour les futurs diplômés ECAM Lyon ?

L’Ecole est un bon moyen d’apprendre à apprendre, ce qui permet ensuite de s’adapter à tout type de situation. La diversité des carrières des alumni parle d’elle-même : avec un diplôme d’ingénieur ECAM Lyon on peut tout faire, il suffit de s’en donner les moyens. N’attendez pas que les opportunités viennent à vous, si vous êtes passionnés par un domaine spécifique, foncez !