Equateur, Brésil, Allemagne, Panama, Espagne, … Ingénieur globe-trotteur !

Lors de sa formation ECAM Arts & Métiers puis en début de carrière, Pierre Moulin a développé ses compétences dans différents pays, sur plusieurs continents, et découvert de nombreuses cultures. Aujourd’hui installé en Espagne, il nous raconte son parcours sans frontière.

Pourquoi as-tu choisi ECAM Lyon ?

Au niveau familial, je baignais déjà dans un milieu scientifique. J’ai choisi cette voie sans vraiment savoir ce que je souhaitais faire mais convaincu de devoir élargir les possibilités au maximum. Une école généraliste comme ECAM Lyon me correspondait donc bien, d’autant qu’étant lyonnais je connaissais son excellente réputation.

Deux autres éléments ont également guidé mon choix : la taille humaine de l’Ecole et son côté international dont j’ai bien profité durant ma formation !

Comment as-tu profité de cette ouverture internationale ?

Tout d’abord lors de mon stage d’application : je suis parti en Allemagne pour travailler chez Siemens. Ce n’était pas une destination très exotique mais ce fut une première expérience d’ingénieur à l’étranger intéressante, car c’est la première fois que je découvrais une manière de travailler différente. J’ai pu me remettre à la pratique de l’Allemand, que j’avais étudié durant ma scolarité.

A mon retour sur le campus ECAM Lyon, j’ai rencontré des étudiants brésiliens qui effectuaient une année d’étude chez nous. Cette rencontre a probablement changé ma vie : nous nous sommes bien entendus et j’ai réalisé que parler portugais était accessible pour moi. C’est ainsi qu’a germé l’idée de faire mon stage d’ingénieur au Brésil. Ainsi, au sein de l’entreprise Pro Activa, à Sao Paolo, j’ai étudié des solutions pour valoriser les biogaz. Le but était d’identifier de nouvelles utilisations pour ces gaz, notamment comme sources d’énergie. Je pourrais parler longtemps de cette expérience culturelle riche, je me suis redécouvert au Brésil ! Ce fut à nouveau une belle opportunité de connaître de nouvelles manières de travailler au sein d’un environnement de travail très intéressant.

En Equateur, Pierre a travaillé sur le projet de tramway de la ville de Cuenca

As-tu également cherché ton premier emploi à l’étranger ?

Suite à mon expérience brésilienne, j’ai décidé de chercher un VIE en Amérique Latine juste après mon diplôme en 2014. J’ai saisi une opportunité à Cuenca, en Equateur, au sein de l’entreprise TSO. J’y ai travaillé sur un projet de construction de voies ferrées pour ce qui allait devenir le futur tramway de la ville, en tant que conducteur de travaux. A l’issue de la période, le VIE s’est transformé en contrat d’expatrié. La polyvalence que j’avais appréciée dans ma formation d’ingénieur à l’ECAM Lyon s’est retrouvée dans cette expérience : je devais gérer les équipes, les plannings, les budgets mais aussi le magasin au niveau logistique avant le début du chantier. A 23 ans, j’étais responsable d’une équipe de 80 personnes : c’était intense et très formateur !

En 2017, j’ai été muté au Panama où je suis resté un an pour travailler sur un projet de métro. Puis je suis retourné à Cuenca pour travailler à nouveau sur le projet de tramway. Cette fois-ci, j’étais missionné pour reprendre le travail de finition, sur la partie génie civil.

Souhaitant me stabiliser, j’ai décidé de rentrer en Europe. Ce fut facile car je recevais beaucoup d’offres notamment via LinkedIn. J’ai ainsi eu une belle opportunité en Espagne, en rejoignant Richel.

Quelles sont tes missions actuelles chez Richel Group ?

Depuis un an, je suis ingénieur d’affaires pour cette entreprise qui fabrique des serres agricoles et les vend dans le monde entier. L’entreprise est basée à Avignon mais avait besoin d’un profil comme le mien en Espagne pour réaliser des projets de serres.

Concrètement, mes missions consistent à prospecter le marché espagnol et à élaborer des devis en cherchant les technicités propres à chaque projet, notamment en termes d’équipements : chauffage, irrigation, … Sur ce volet technique très intéressant, ma formation d’ingénieur m’apporte une forte légitimité. Je m’appuie aussi sur des compétences relationnelle et commerciales que j’ai acquises sur le terrain. Mon travail est varié et très complet. Prochainement, j’aurai aussi en charge le développement de l’activité au Portugal.

Depuis un an, Pierre est ingénieur d’affaire en Espagne pour l’entreprise Richel Group, spécialisée dans la commercialisation de serres

Selon toi, quelles sont les qualités d’un ingénieur international ?

Je dirais avant tout l’adaptabilité et l’ouverture d’esprit. Je peux affirmer qu’on ne travaille pas en Amérique Latine comme en France, et il faut pouvoir le comprendre et s’adapter. Je pense aussi qu’il est nécessaire de maitriser les langues ! Que ce soit au niveau professionnel ou dans la vie de tous les jours, parler la langue locale permet d’avoir une relation plus proche avec la population. Lors d’une négociation, cela fait aussi gagner en crédibilité.

Un petit conseil aux élèves-ingénieurs ?

Bien sûr, je leur dirais premièrement de ne pas se brider à un objectif de carrière ou à un domaine en particulier. En élargissant ses cibles, on peut découvrir de belles choses !

Et puis, je leur recommanderais de partir ! Cela valorisera leur profil. J’ai reçu plusieurs offres de travail depuis que j’ai débuté à travailler, et presque toutes sont en lien avec l’accent international de ma carrière. Je suis convaincu que le fait de savoir s’adapter dans d’autres cultures et conditions éveille l’intérêt des recruteurs, et permet donc plus d’évolutions de carrière, dans des domaines pas forcément en lien avec les expériences passées.