Etienne Thouvenot : l’innovation au service des autres

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« Trouver du sens à mes actions » c’est le leitmotiv d’Etienne Thouvenot , ingénieur ECAM 1999. Il fonde en 2015  les « Petites Cantines », un réseau de cantines de quartier solidaires pour lutter contre l’isolement dans les villes. Persuadé que l’ingénierie peut se mettre au service des autres, Etienne devient responsable innovation sociale au sein du groupe SEB pour booster des « social business ».

L’humain avant tout

Je n’avais que 10 ans quand j’ai décidé de faire mes études à l’ECAM Lyon. Mon père puis mon frère avaient fait l’ECAM avant moi et c’est en les voyant travailler sur des projets techniques que j’ai été attiré par leur formation.

Après mes études d’ingénieur, j’ai réalisé un an de service national dans le centre Avenir Jeunes Reims (AJR) pour être au service des autres. Je donnais des cours de maths et de français à des jeunes en décrochage scolaire pour leur permettre d’obtenir un CAP menuiserie. A leur contact, j’ai vécu une expérience très enrichissante.

J’ai ensuite souhaité travailler dans le domaine de la production tout en conservant cette dimension d’encadrement des personnes. En 2000, je suis donc rentré chez SEB, où j’avais déjà réalisé un stage pendant mes études. J’ai évolué au sein de l’entreprise pour devenir responsable d’atelier, mon rôle étant de proposer une nouvelle organisation managériale des équipes de production. A partir de 2008, je me suis orienté vers des fonctions d’Auditeur international puis d’Expert métier .

Trouver du sens à ses actionsetienne thouvenot ingenieur social

Après quelques années de vie professionnelle, j’ai ressentile besoin de donner davantage de sens à ce que je faisais. J’étais déjà investi dans plusieurs associations en parallèle de mon travail mais je voulais faire plus.

Suite à un bilan de compétences, j’ai décidé de me tourner vers l’entreprenariat social et j’ai monté, avec une amie, Les Petites Cantines, un projet à but non lucratif pour lutter contre l’isolement et l’anonymat en ville en créant des restaurants participatifs.

J’ai présenté mon projet à mon entreprise, SEB, qui m’a accompagné tout au long de cette démarche en devenant, entre autre, mécène.

Porté par cette aventure, j’ai lancé l’intrapreneuriat social au sein du groupe SEB pour booster, avec des salariés volontaires, de nouvelles initiatives ayant un impact sociétal positif. Ces salariés consacrent deux à quatre heures par semaine sur une période de trois mois à ces projets, principalement sur leur temps de travail.

Et votre poste de responsable innovation sociale chez SEB ?

Depuis 2017,  en parallèle de la gestion du réseau des Petites Cantines, j’ai été nommé Responsable innovation sociale chez SEB. Ma mission consiste à faire émerger le social business au sein de l’entreprise, c’est-à-dire développer des activités économiques qui répondent à une problématique sociétale – que ce soit dans le domaine de  la  santé, de l’alimentation…

Pour choisir et réaliser nos projets nous nous basons sur les 17 objectifs du développement durable de l’ONU. Nous étudions actuellement par exemple les problématiques liées aux chutes des personnes âgées.

Le principal défi de ce poste est de réussir à construire un modèle pérenne.

Le challenge de l’entrepreneur

Tout d’abord, il faut savoir s’entourer, trouver un binôme de confiance et s’assurer d’avoir les mêmes motivations et les mêmes objectifs. Il faut également avoir une bonne capacité d’écoute, rester ouvert, et comprendre les problématiques et attentes de son public cible.

Pour moi, la notion de MVP (Minimum Viable Product) est essentielle: il permet de valider la proposition de valeur avant d’investir. Je m’inspire également beaucoup du principe entrepreneurial de l’effectuation.

En tant qu’entrepreneur, le principal risque c’est la « surchauffe » : on est la première ressource au service de nos projets !

Un conseil pour les futurs diplômés ?

Il faut se faire plaisir!  Ce que je fais me plait et je suis content d’avoir réalisé un parcours professionnel au sein du groupe SEB.

Il y a un autocollant sur mon ordinateur qui dit « au pire ça marche ». C’est la posture que j’essaie d’adopter au quotidien. Il faut tenter mais d’une manière réfléchie : je propose et je vois les réactions, j’analyse et je déduis.

Enfin, il me semble important d’identifier ses propres attentes personnelles (sécurité financière, aventure…) et d’être conscient qu’elles peuvent varier dans le temps.