Porter un regard singulier sur les problématiques industrielles

Laurent Pélissier, vient d’être élu à la présidence de l’UDIMEC, Union des Industries Métallurgiques Electriques Connexes (1). A 55 ans, cet ingénieur ECAM (Promo 1988) est le PDG du Groupe ECM, spécialisé dans la fabrication de fours industriels et équipements associés. Son siège social, ses bureaux d’études, sa plateforme R&D, ses ateliers de production, ses laboratoires de contrôle et tous les services supports sont implantés à Grenoble. La société compte 15 filiales dans le monde, détenues à 100%. ECM Technologies est notamment le leader de la cémentation basse pression (1).

Pourquoi avoir choisi ECAM Lyon ?

Je n’avais pas encore trouvé, à l’époque, la voie professionnelle dans laquelle je voulais m’engager ; ECAM Lyon proposait des formations généralistes de qualité qui me convenaient parfaitement.

J’avais eu également de très bons échos concernant la qualité des enseignants. Monsieur Jean Bouisset, qui était alors Directeur des études dans cette école, avait d’ailleurs pour habitude de dire « Il est grave pour un ingénieur de rater un pont, mais il est bien plus grave pour un professeur de passer à côté d’un élève ». C’est une personne qui a beaucoup compté pour moi.

Vous vouliez être ingénieur ?

Oui, mon père était lui-même ingénieur. Je savais donc en quoi consistait le métier d’ingénieur, mais aussi celui de manager. Ce diplôme d’ingénieur ECAM me permettait de concrétiser ce souhait de rejoindre le monde de l’industrie.

Quel a été la suite de votre parcours ?

Pendant mon cursus, mon père a repris une entreprise. Ce n’était pas initialement prévu, mais je l’ai rejoint pour l’accompagner dans ce projet passionnant. J’ai décidé de reprendre des études après cette expérience professionnelle : j’ai alors opté pour un DESS en management. C’était une opportunité précieuse, qui me permettait de porter un autre regard sur les enseignements, sur la formation, d’avoir un certain recul.

Reprendre un cursus, après une période d’activité professionnelle, met en perspective ce qu’on vous enseigne. Vous identifiez plus facilement vos éventuelles lacunes mais aussi votre appétence pour certains domaines, certains aspects du métier. Je conseille vivement d’essayer de reprendre un cursus après une expérience professionnelle. C’est très enrichissant.

Quel conseil donneriez-vous à des élèves-ingénieurs ?

Il faut essayer de toujours porter un regard différent, singulier, sur les problématiques auxquelles on est confronté au quotidien, en tant qu’ingénieur, en tant que manager. On doit identifier des facteurs différenciants pour ses produits. Il faut essayer d’apporter une valeur ajoutée, et la R&D est souvent déterminante pour y parvenir.

Pensez-vous que l’industrie est une opportunité pour la génération actuelle d’élèves ?

Oui, je conseillerais, aux jeunes en général et aux élèves-ingénieurs d’ECAM Lyon en particulier, de se tourner vers des entreprises industrielles : il y a de nombreuses opportunités pour innover dans l’industrie, c’est une des clés essentielles pour l’avenir de ce secteur, notamment en France. Car ce n’est pas le coût de la main d’œuvre qui permet à l’industrie française d’être compétitive à l’international, c’est l’innovation !

Quels souvenirs gardez-vous de vos années d’études sur le campus ECAM Lyon ?

Je garde notamment un excellent souvenir des matchs de rugby et des troisièmes mi-temps avec mes collègues ! Ma passion pour le ballon ovale est restée intacte, et je suis aujourd’hui engagé au sein du FC Grenoble Rugby en tant que Président du Conseil de Surveillance. Plus sérieusement, mon parcours au sein d’ECAM Lyon a été déterminant pour la suite de mon cursus professionnel.

(1) Traitement de diffusion permettant d’enrichir en carbone la couche superficielle de l’acier afin d’obtenir, après trempe, une haute dureté de surface