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Ingénieure au féminin : portrait d’une ECAM 2006

A l'occasion de la Journée de la Femme (8 mars), nous avons posé 3 questions à Alexandra Bugnon-Murys (ECAM Lyon 2006). Diplômée d'un master recherche en énergétique et physique nucléaire, co-fondatrice du réseau ECAM au féminin, chef d'exploitation à la centrale nucléaire de Paluel en Normandie, elle raconte son parcours, ses souvenirs d'étudiante et sa vision de femme dans le monde ingénieur.  Après avoir obtenu en 2006 un diplôme d’Ingénieur Arts& Métiers à l’ECAM Lyon, elle enchaîne par un master recherche en énergétique physique nucléaire à l’ENSPG. À la sortie de ses études, elle démarre au sein du service démantèlement de Bouygues Travaux Publics.  Souhaitant  travailler davantage sur le terrain, elle rejoint rapidement EDF en tant qu’Ingénieur d’Exploitation à la Centrale nucléaire de Paluel en Normandie. Son travail consiste notamment à contrôler que le réacteur et les équipements fonctionnent.  D’abord opératrice en salle de commande, Alexandra Bugnon-Murys est  maintenant chef d’exploitation depuis 2012, en charge d’une vingtaine de personnes.   Quel parcours avez-vous suivi pour travailler aujourd'hui dans le nucléaire ? Au lycée, j’ai fait un bac S mais il n’y avait aucun ingénieur dans la famille. C’est au fur et à mesure des échanges avec les professeurs, des forums d’étudiants que je me suis intéressée au cursus d’ingénieur.  J’ai choisi l’ECAM, pour ses valeurs que je partageais, son cadre rassurant et familial. La prépa, même intégrée, s’est avérée finalement difficile !  Mais  « ce qui ne te tue pas te rend plus fort ». J’ai fait de belles rencontres, tant avec les élèves qu’avec le corps enseignant. Aujourd’hui encore, nous avons toujours l’occasion de nous revoir. J’ai commencé à m’intéresser au nucléaire à la suite d’une présentation faite par la SFEN  (Société Française d’Energie Nucléaire) à l’Ecole pendant mes études. À l’époque, le nucléaire faisait déjà débat et j’ai voulu comprendre si les préjugés de la société étaient fondés. Avec une dizaine d’étudiants, nous avons remonté le club homonyme et nous avons organisé un 1er colloque. Un 1er stage dans le domaine a fini de me convaincre.   Cette semaine, c’était la Journée de la Femme. Pensez-vous que le monde de l’ingénieur est encore trop masculin ? Cela dépend des métiers mais dans l’ensemble cela reste très masculin. Le service où je travaille compte par exemple 10  femmes sur 400 personnes.  On voit pourtant des initiatives pour attirer les femmes dans ce secteur, dans la chimie notamment. Ce n’est pas une question de pénibilité ou de difficulté des missions, mais plutôt de mentalité. Par exemple, voir des femmes dans le milieu hospitalier choque moins qu’une femme dans une usine alors que le travail est tout aussi difficile. Je pense que les femmes ont une manière particulière de manager. On dit de moi que je suis parfois trop protectrice avec mes équipes, d’un autre côté, les femmes sont souvent plus organisées, plus pointilleuses sur les délais, très perfectionnistes. C’est difficile d’apprendre à lâcher par moment et d’accepter que l’on ne puisse pas tout faire. Il faut montrer que l’on est crédible à son poste pour se faire respecter. Vous avez reçu en 2011 le prix EDF « Fem’Energia », vous étiez déjà bien impliquée dans la cause féminine pendant vos études. En 2009, nous avons fondé le Club « Ecam au féminin » sous les conseils d’un ami qui avait été interpellé par le fait que les filles rencontraient des difficultés à trouver un stage à l’étranger. On a donc organisé quelques conférences à Lyon mais, par manque de temps, nous avons dû laisser en suspens ce projet.   Que diriez-vous aux étudiants et surtout étudiantes qui pourraient être intéressés par le métier d’Ingénieur ? Ne pas lâcher ! Il faut savoir persévérer pour atteindre son objectif. Ingénieur ce n’est pas un métier mais des centaines de métiers.