Covid-19 : une start-up incubée à Tech 360 offre son expertise en téléconsultation

Medeo est une start-up qui propose des solutions pour digitaliser la santé, à travers notamment le développement de la télémédecine. Medeo a été incubée à Tech 360, l’incubateur ECAM Lyon, entre 2016 et 2019.

Dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, cette jeune entreprise a été reconnue par le Ministère des Solidarités et de la Santé comme l’une des solutions aidant les professionnels de la santé à pratiquer la médecine à distance.

Rémi Jean-Berger, co-fondateur, nous présente sa solution qui répond aux enjeux actuels en termes de santé.

Comment répondez-vous aux besoins actuels de la médecine ?

Medeo développe des solutions pour accompagner des professionnels de la santé dans le digital.  En 2016, lorsque nous avons créé l’entreprise, nous étions deux médecins et deux ingénieurs informatiques. C’était important pour nous d’unir ces deux profils experts pour identifier au mieux les besoins.

Notre but est de concevoir des solutions digitales pour aider le secteur médical, notamment en faisant gagner du temps aux professionnels de santé. Nous avons commencé par équiper les médecins avec des objets connectés dans leurs cabinets puis rapidement nous avons proposé des outils de télémédecine et notamment de téléconsultation assistée.

Une partie de la population n’a pas accès aux smartphones et aux applications numériques associées pour réaliser des téléconsultations.

Medeo permet d’équiper les pharmacies, les EHPAD et les centres médicaux avec une solution adaptée. Le professionnel de santé qui accompagne le

 patient suit des protocoles médicaux (notamment covid-19) et collecte l’ensemble des données avec des dispositifs médicaux de diagnostic (otoscope, thermomètre, stéthoscope, oxymètre, tensiomètre…). A la connexion, le médecin accède aux données consignées lors de la préconsultation. Les dispositifs permettent également d’ausculter le patient en temps réel. Le médecin peut consulter les antécédents du patient sur le dossier médical. Il peut alors éditer une ordonnance sécurisée et procéder à la facturation.

Notre solution présente un fort enjeu dans les zones rurales où les médecins manquent cruellement, en France mais aussi dans les pays émergents. Nous fournissons des centres de télémédecine et de coordination médicale en Afrique notamment.

En quoi la solution Medeo peut-elle aider face à la crise sanitaire du Covid_19 ? Que mettez-vous en place?

Notre solution présente un enjeu fort en ce moment, notamment au niveau des EHPAD. Ces établissements sont fermés au public externe. Les médecins même ne peuvent plus s’y rendre en raison du risque de contamination. Grâce à notre solution de téléconsultation, nous pouvons proposer une continuité des soins au bénéfice de cette population extrêmement fragile.

Parce qu’il est essentiel pour nous d’agir concrètement dans le contexte de crise sanitaire que nous traversons, nous avons annoncé la gratuité de la téléconsultation Medeo dans ces établissements.

Concrètement dans le cadre des EHPAD, nous installons un pack d’objets connectés puis nous formons des infirmiers à leur utilisation. Dès qu’une personne âgée à un problème, lié au Covid-19 ou non, l’infirmier suit le protocole de pré-consultation enregistré. Dès qu’un médecin est disponible, il prend le relais en ayant accès à toutes les données enregistrées au préalable.

Medeo a été identifié par le Ministère des Solidarités et de la Santé comme solution de télémédecine, avec une note de fiabilité de 9/10. A notre échelle, nous aussi nous participons à lutter contre le coronavirus.

Comment aider le personnel médical face à une crise sanitaire d’une telle ampleur ?

Je pense qu’il faut tout simplement écouter les recommandations du corps médical : rester chez soi et appliquer les consignes sanitaires. C’est l’affaire de tous. Pour ceux qui le peuvent dans le domaine médical, il est nécessaire de faire don de matériels.

Il existe aussi une solution très simple que nous avons proposé à nos équipes, il faut installer l’outil Folding at Home qui permet de partager la puissance non-utilisée de son ordinateur pour aider les chercheurs qui travaillent actuellement contre ce coronavirus. Voilà un exemple très concret !

Que vous a apporté votre passage à l’incubateur Tech 360 ?

Notre passage au sein de l’incubateur ECAM Lyon a été très bénéfique ! Techniquement d’abord, car nous avons pu travailler avec des élèves-ingénieurs et des enseignants de cette école sur nos problématiques R&D. Mais aussi pour nous inscrire dans un réseau : nous avons bénéficié de celui d’ECAM Lyon qui est très important, et avons pu intégrer l’écosystème lyonnais de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

L’incubateur Tech360 nous a aussi permis d’avoir des locaux au lancement de notre société ! Nous y avons rencontré plusieurs autres start-up du secteur de la santé comme FasTeesh par exemple. C’était très intéressant d’échanger avec d’autres porteurs de projet qui en étaient au même stade de développement que nous, dans notre secteur.

Nous avons quitté Tech 360 l’année dernière car nous avons grossi assez vite après une levée de fonds importante.

Que peut-on souhaiter à Medeo? quels sont vos futurs projets ?

De continuer notre croissance tout simplement ! Nous sommes aujourd’hui 18 salariés et nous espérons bien doubler en termes d’effectif malgré le contexte actuel. Nous souhaitons aussi nous développer davantage à l’international.

Un conseil aux élèves-ingénieurs ECAM Lyon qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Foncez ! Beaucoup d’élèves-ingénieurs pensent qu’il leur manque le côté « business » pour se lancer, personnellement je pense que c’est faux. Un ingénieur, même seul, est tout à fait capable d’entreprendre, surtout les ingénieurs généralistes que forme ECAM Lyon.

Les études sont le meilleur moment pour entreprendre. Elles permettent de développer son réseau et d’utiliser les outils que l’école met à sa disposition, comme le FabLab pour créer ses premiers prototypes par exemple.  Encore une fois : Osez !