Tout lâcher pour créer son entreprise dans la robotique

A 5 ans, Romaric Gomart avait un rêve : devenir astronaute ou pilote de chasse. Cet ingénieur ECAM ne marche pas aujourd’hui dans les pas du célèbre que Thomas Pesquet car c’est dans une autre grande aventure qu’il a décidé de se lancer : abandonner une carrière de cadre dans un groupe international pour ouvrir sa propre boîte – PaintUp.

Etre entrepreneur c’est aussi une expédition en terre inconnue !

C’est quoi PaintUp ?

Fasciné par l’impression 3D, je me suis lancé le défi d’intégrer le digital dans le secteur du bâtiment.

Ma 1ère idée était d’imprimer des maisons 3D. Après étude approfondie, ce projet s’est révélé difficilement réalisable à cause de contraintes matérielles et législatives.

Je me suis alors orienté vers une solution de robot autonome capable de nettoyer, décaper ou peindre des façades. Ce concept unique est né d’un constat simple : aujourd’hui, les chutes de hauteur sont la première cause de mortalité dans le BTP.

Les opérateurs travaillent sur des échafaudages, avancent lentement, difficilement et dans des conditions peu confortables. PaintUP c’est une solution qui apporte plus de sécurité, de meilleures conditions de travail et une meilleure cadence aux ouvriers.

Du grand groupe à l’aventure Start-up

Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur ECAM Arts et Métiers en 2005, j’ai débuté ma carrière chez Alstom au poste de Responsable Chiffrage sur la gamme Citadis, puis au poste de  Responsable du programme de gestion des relations avec les fournisseurs stratégiques. En charge pendant 2 ans de la conception à coût objectif des tramways, je faisais également le lien entre le bureau d’études et les appels d’offres. En manque de travail de terrain, j’ai profité d’une opportunité pour évoluer vers le poste de Coordinateur Achat Offre pour la flotte ferroviaire de PRASA (Opérateur de transport public Sud-africain)

Au bout de 2 ans et demi, toujours en quête de plus d’autonomie et de liberté, j’ai quitté Alstom pour lancer ma Start-up : PaintUP.

Au début, je travaillais seul dans mon appartement, puis au bout de 3 mois j’ai décidé d’intégrer un incubateur. D’abord Beelys, puis l’incubateur de l’INSA Lyon, ECAM Lyon Tech 360 et l’EM Lyon

J’ai très vite été éliminé de mon premier concours de start-up mais pour moi l’échec est toujours utile. J’ai donc appris de mes concurrents et de mes erreurs, et six mois plus tard j’ai remporté le premier prix du concours Jeune Entrepreneur de l’Année (JEA) de  Lyon.

Grâce aux incubateurs, PaintUP a pu avancer avec un matériel de pointe. L’une de nos plus belles réussites : relocaliser un bras robotique avec une précision sub-centimétrique. Mon entreprise aujourd’hui c’est : une équipe de 3 permanents, notre propre matériel, des premiers contrats avec Lafarge-Holcim, Eiffage et Vinci.

Entrepreneur ou aventurier ?

Pour se lancer dans ce type de projet il faut avoir le goût de l’aventure. Etre entrepreneur sur une technologie de rupture, c’est comme faire une expédition en terre inconnue : le chemin n’est pas tracé et les moyens sont très limités. Persévérance et créativité sont des qualités essentielles pour continuer à avancer en dépit des obstacles.

Enfin, comme mon expérience en entreprise me l’a appris, il faut savoir s’entourer et communiquer sur son projet pour le faire grandir, évoluer et s’enrichir.

Le conseil de Romaric

Faites ce qui vous plaît, trouvez un projet qui vous anime et lancez-vous. Il n’est pas forcément pertinent de débuter sa carrière dans l’entrepreneuriat, car on apprend beaucoup dans un grand groupe et toute expérience est bonne à prendre !